Son Excellence le Président AZALI Assoumani, a pris part à Itsamia, à la 28ᵉ édition de la Journée de la Tortue, organisée chaque année en lien avec la Journée Mondiale de l'Environnement.
Avec la Gouverneure de l'Île Autonome de Mwali, des autorités insulaires et locales et de représentants du Système des Nations Unies aux Comores, le Chef de l'État a salué l'engagement exemplaire de cette communauté côtière et lancé un appel pressant à intensifier la protection des écosystèmes marins du pays.
Itsamia, sanctuaire mondial de la tortue verte
Pour comprendre la portée de cette célébration, il faut remonter au début des années 1990. À cette époque, les plages d'Itsamia attiraient chaque nuit des dizaines de tortues vertes (Chelonia mydas) venues y pondre et tout autant de chasseurs venus les capturer pour leur viande, menaçant ainsi directement la survie de l'espèce dans la région.

Face à ce constat, les habitants d'Itsamia ont fait le choix de la conservation plutôt que du prélèvement. C'est dans cet esprit qu'est née, en 1991, l'Association pour le Développement Socio-Économique d'Itsamia (ADSEI), qui a mis en place un réseau d'éco-gardes chargés de surveiller les plages de ponte jour et nuit et de dissuader le braconnage.
Cet engagement communautaire a posé les fondations d'une politique nationale de conservation : en 2001, Itsamia est intégrée au tout premier parc marin des Comores, regroupant dix réserves gérées par les communautés de Mohéli sur plus de 400 km² d'océan. Quelques années après, ce parc devient le Parc National de Mohéli, et aujourd'hui reconnue comme Réserve de biosphère par l'UNESCO en 2020. Itsamia est par ailleurs répertoriée au sein du Réseau international de conservation de la tortue marine de l'océan Indien et de l'Asie du Sud-Est (IOSEA), aux côtés des grands sites de ponte de la région.
C'est cette transformation d'un village confronté à la disparition de sa ressource naturelle à un modèle d'écotourisme communautaire reconnu internationalement que la Journée de la Tortue est célébrée chaque année.
Au-delà des célébrations, l'événement reste un temps fort de plaidoyer : les associations locales y rappellent régulièrement aux autorités la nécessité de sanctionner fermement les réseaux de braconnage, qui continuent de menacer l'espèce malgré les efforts engagés.
Un discours axé sur l'urgence climatique et la protection des tortues marines
Dans son allocution, son Excellence le Président AZALI Assoumani a inscrit la célébration de cette année dans le contexte plus large du dérèglement climatique, rappelant que les Comores, comme l'ensemble des États insulaires, se trouvent en première ligne face à la montée des eaux, à l'érosion côtière et à la pression croissante sur les ressources halieutiques.
Le Chef de l'État a réaffirmé que Mwali abrite l'un des sanctuaires de tortues marines les plus importants de l'océan Indien, et que cette richesse naturelle impose des responsabilités précises. Il a ainsi annoncé la volonté du Gouvernement de :
✅️Valoriser la destination Mwali, à travers la construction et la réhabilitation de routes facilitant l'accès aux sites naturels, dont les plages et le Parc Marin de Nioumachoua
✅️Renforcer l'application de la loi et la pénalisation de la pêche illégale de la tortue, en réponse à la persistance du braconnage et des trafics
✅️Identifier et sécuriser les zones de nourrissage et de ponte des tortues marines ;
✅️Intensifier la lutte contre la pollution plastique, en particulier à l'approche des Jeux des Îles de l'Océan Indien 2027, que les Comores accueilleront
✅️Poursuivre la transition énergétique, à travers le développement de centrales solaires et de projets éoliens dans les différentes régions du pays.
Le Président a également rappelé les engagements pris par les Comores dans le cadre de la COP21 sur le climat, soulignant que la protection des mangroves, des forêts et des zones marines constitue à la fois une richesse naturelle et un bouclier face aux dérèglements climatiques. Il a insisté sur le fait que la préservation de l'environnement n'est pas un luxe, mais un devoir moral envers les générations futures et une nécessité économique immédiate pour le pays.
Un appel à la mobilisation de tous
Pour clôturer de son discours, le Chef de l'État a appelé chaque citoyenne et citoyen comorien, à son niveau de responsabilité, à s'engager pour faire de la préservation de l'environnement un véritable moteur du développement socio-économique et de l'émergence des Comores d'ici 2030.