Son Excellence le Président AZALI Assoumani, a ouvert officiellement le mercredi, au Palais du Peuple, la 11eme Conférence africaine de géothermie du Rift (ARGeo-C11).
La cérémonie a réuni des représentants d’une vingtaine de pays, des responsables institutionnels, des chercheurs, des investisseurs et des partenaires techniques et financiers.
Dans son allocution, le Chef de l’État a évoqué un paradoxe africain : en effet, le continent regorge de ressources, et pourtant une partie de sa population n’a toujours pas accès à une électricité fiable et abordable. La géothermie offre une voie pour diversifier les sources d’énergie, moins dépendre des combustibles fossiles et renforcer la sécurité énergétique.
« La géothermie nous rappelle également une évidence : les contraintes que la nature nous impose peuvent, lorsque la science, la volonté et l’investissement se rencontrent, devenir des opportunités de développement », a-t-il souligné.

Le Karthala, un atout pour le pays
Pour les Comores, cette perspective a un nom : le Karthala, qui fait partie de notre patrimoine, de notre histoire et de notre identité. « Longtemps perçu avant tout comme une force de la nature, le volcan Karthala représente aujourd’hui un levier majeur pour la souveraineté énergétique et le développement durable des Comores », a déclaré le Président.
Le projet d’exploration géothermique du volcan a été lancé le 2 juillet 2026, avec l’appui de la Banque africaine de développement, de la Commission de l’Union africaine et du PNUD. Il doit permettre de mieux évaluer la ressource et de savoir dans quelles conditions elle pourrait être exploitée. Les perspectives dépendront des résultats des études et des travaux d’exploration.
À terme, une énergie plus stable profiterait à l’ensemble de l’économie : activités productives, industrialisation, services publics, accès à l’eau, conditions de vie des familles. L’objectif est clair : que les bénéfices répondent aux besoins réels des Comoriens.
Une ambition nationale, africaine et internationale
Cette démarche s’inscrit dans le Plan Comores Émergent 2030, pour lequel la sécurité de l’approvisionnement en énergie est une condition de la transformation du pays. Elle rejoint aussi l’Agenda 2063 de l’Union africaine et l’ODD 7 des Nations Unies, qui vise l’accès de tous à une énergie fiable, durable et abordable.
Une coopération africaine à bâtir
Accueillir l’ARGeo-C11 à Moroni, c’est aussi plaider pour des échanges plus étroits entre pays africains. Le Chef de l’État a appelé à une coopération fondée sur la solidarité, l’expertise et les résultats concrets, en particulier au profit des pays qui souhaitent développer leur géothermie. Il a souligné le rôle des États déjà expérimentés, appelés à accompagner la formation des compétences et les échanges entre institutions, chercheurs et acteurs économiques.
En déclarant la conférence ouverte, le Président a formé le vœu que les travaux débouchent sur des partenariats solides et des décisions concrètes. Pour les Comores, la tâche est désormais de mieux connaître le potentiel du Karthala et de préparer sa valorisation, dans le respect de notre patrimoine.