Nations Unies, le 24 septembre 2007
Excellence Monsieur le Président ;
Majestés,
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi, tout d’abord, de rendre un hommage mérité à son Excellence Monsieur Ban Ki-Moon, Secrétaire-Général des Nations Unies, pour avoir pris cette louable initiative, d’éveiller davantage et à travers cette rencontre, notre conscience collective, sur le danger réel que représente, pour tous nos pays, et plus particulièrement les Petits États Insulaires, le phénomène du changement climatique.
En effet, si la réflexion a été ainsi lancée sur le financement, c’est parce qu’il y a eu une prise de conscience sur les gros risques que nous courrons. Les faits sont là, réels, palpables, surprenants et désarmants.
Ici et là, des scènes révélatrices du degré de vulnérabilité de nos pays et de notre impuissance face à ces catastrophes, s’offrent à nous.
Elles sont les conséquences du réchauffement de la planète et de la destruction de la couche d’ozone, pour ne citer que ceux-là.
Elles engendrent d’autres aléas, notamment des tremblements de terre et des raz-de-marée, avec tous leurs lots de malheurs, provoquant le désespoir et le désarroi, chez nos populations.
La plupart, sinon, la majorité des pays victimes sont pauvres. Que faire ? Faut-il pour autant les abandonner à leur triste sort ?
Nous devons chercher ensemble les moyens d’aider les plus démunis. La générosité des institutions financières internationales, celle des grosses filiales du secteur privé, du monde bancaire et des pays riches devrait se matérialiser, à travers des solutions appropriées et un soutien financier conséquent.
Il est plus qu’urgent de prévenir de nouvelles catastrophes qui risquent d’entraîner des pertes humaines et matérielles considérables.
Des études de vulnérabilité concluent à une menace des cultures de rente et de l’économie en général, par l’intrusion de la mer en profondeur et en surface. Ainsi, mon pays, l’Union des Comores, Petit État Insulaire en développement, n’échappe malheureusement pas, lui non plus, à ce phénomène.
D’autre part, selon les projections réalisées sur l’évolution démographique, la part de la population côtière qui sera affectée par les changements climatiques représentera 65% de la population totale de mon pays, en l’an 2050, et les pertes subies dans la zone côtière, s’élèveront à 400 millions de dollars, en cette même année, soit environ deux fois, le PIB de 2001.
Ces petites îles sont aussi exposées à la montée de la mer avec tout ce qui s’ensuit, mais ces changements climatiques engendrent surtout des situations, et non des moindres, telles que les éruptions volcaniques.
Ainsi, les Comores qui abritent, le Khartala, un des grands volcans en activité dans le monde, ne cessent d’observer, ces dernières années, un changement notable du comportement de ce volcan, lequel serait lié directement au réchauffement de la planète.
Cette situation nécessite, par conséquent, une prise de conscience et une solidarité internationale accrues pour nous aider a prendre en charge cette situation inquiétante.
Par ailleurs, malgré son manque de moyens, mon pays est disposé à oeuvrer en faveur d’un développement durable et s’est engagé à contribuer à la mise en oeuvre des objectifs de la Convention-cadre des Nations Unies, sur les changements climatiques.
Toutefois, nous ne pourrons mettre en oeuvre les mesures identifiées, de manière effective, sans la coopération internationale, notamment dans le domaine du transfert des technologies des énergies renouvelables et le renforcement des capacités de prévention et d’adaptation aux changements climatiques.
Excellences,
Le coût du changement climatique ne peut être imputé uniquement aux pays les plus démunis, ceux-là même qui en subissent le plus de conséquences.
Aussi, tout en souscrivant à la démarche globale entreprise par les Petits Etats Insulaires, en vue de faire face aux effets dramatiques des aléas naturels, faisons-nous appel à la solidarité internationale, et plus particulièrement aux institutions financières afin d’apporter, à nos pays, le soutien requis pour pouvoir mettre en oeuvre les actions identifiées, et mieux s’adapter, ainsi, aux effets des changements climatiques.
Je vous remercie