Nous vous présentons ci-après, l’intégralité de l’allocution prononcée le 26 octobre 2006 au Palais du Peuple par le Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Ahmed Abdallah Mohamed SAMBI, à l’occasion de la cérémonie de lancement du premier rapport de l’Observatoire des Droits de l’Enfant dans la Région de l’Océan Indiens (ODEROI)
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Madame la Représentante de la Secrétaire Générale de la COI ;
Messieurs les Représentants du Corps diplomatique accrédités aux Comores ;
Madame la Représentante du Centre d’Appui de l’Observatoire des droits de l’Enfant de la Région de l’Océan Indien ;
Madame et Messieurs le Elus ;
Honorables Invités ;
Chers Enfants ;
Assalaamu Alaikoum
Permettez moi tout d’abord, d’adresser, au nom du Gouvernement, mes sincères félicitations aux organisateurs de cette manifestation, pour les efforts louables qu’ils ont investis pour le lancement de l’étude régionale portant sur la violence contre les enfants dans la région de l’Océan Indien.
Je salue particulièrement la contribution de la Vice Présidence Chargée du Ministère de la santé, de la Solidarité et de la promotion du genre, de l’Unicef et du Réseau national de l’Observatoire des droits de l’enfant.
La violence contre les enfants est une préoccupation mondiale. En effet, le thème du premier rapport de l’ODEROI sur la violence contre les enfants dans la région de l’Océan Indien, a fait l’objet de l’étude menée, à la demande du secrétaire Général des Nations Unies.
Ainsi, la communauté internationale se sent aujourd’hui interpellé par un phénomène qui, au-delà de la diversité géographique, culturelle ou économique des pays, affecte toutes les sociétés humaines.
Comme toutes les autres régions du monde, notre région n’échappe pas aux crises qui affectent, à de divers degrés, la cellule familiale, aux effets néfastes d’une urbanisation sauvage qui se généralise et au relâchement des liens de la solidarité traditionnelle et légendaire propre aux insulaires.
Autant de facteurs négatifs ne peuvent évidemment que favoriser l’émergence de la violence dont sont victimes, particulièrement, les plus fragiles d’entre nous : les enfants.
Dans notre propre pays également, la violence est malheureusement présente. Un grand nombre d’enfants est victime de châtiment corporel, d’abus de toutes sortes aussi bien au sein de leurs milieux familiaux que dans les institutions de détentions pour enfants. Le travail des enfant est aussi une autre forme de violence, que nous ne devons en aucune manière tolérer.
A l’extrême pauvreté des familles et à l’ignorance des parents qui pèsent sur la situation déjà difficile des enfants comoriens, s’ajoutent le laxisme et la complicité qu’on observe à tous les niveaux de notre société et de nos institutions.
Certes, le tabou et l’impunité qui entourent la violence sur les enfants doivent être dénoncés et sévèrement punis par la loi mais c’est surtout un travail d’éducation envers les parents, les éducateurs et les enfants eux-mêmes, qui doit être encouragé afin de faire évoluer les mentalités et lutter efficacement contre la violence sur les enfants, dans notre pays.
Le Gouvernement de l’Union des Comores et ceux des îles autonomes, les organisations de la société civile et les partenaires de notre pays ont mis en œuvre plusieurs actions dans ce sens.
La ratification des conventions internationales portant sur la protection des droits de l’Enfant, notamment la convention relative aux droits de l’Enfant et à la charte africaine des droits et du bien être de l’Enfant
L’adoption du code de la famille
La nomination des juges des enfants et la création des tribunaux pour mineurs
La validation d’une stratégie nationale de protection des enfants vulnérables aux Comores
La création des trois services d’écoute et de prise en charge des enfants victimes d’abus et de maltraitance au niveau des trois îles.
Le lancement en avril 2006 du Mouvement comorien pour la protection des droits des enfants qui a pour but de sensibiliser la population sur les différents droits de l’enfant comorien et de créer un dynamisme nouveau dans la mise en œuvre effective des droits de l’enfant comorien
Des mesures juridiques de protection, le suivi psychologique et la réinsertion des victimes de violence doivent parachever l’œuvre de protection de l’enfance aux Comores. C’est pourquoi nos efforts doivent porter sur :
l’harmonisation de notre législation par rapport aux conventions internationales ratifiées par notre pays ;
le renforcement des capacités des structures d’écoute et de prise en charge des enfants victimes d’abus et de maltraitance ainsi que les professionnels des différents secteurs ;
La mise en œuvre de la stratégie nationale de protection des enfants vulnérables ;
la promotion des échanges des bonnes pratiques à travers les pays de la région ;
l’amélioration du système de collecte de données statistiques.
Mon Gouvernement et ceux des îles, j’en suis convaincu, accompagneront ce combat combien difficile, mais noble, en vue de promouvoir le bien-être, l’épanouissement et le développement harmonieux de nos enfants
Je vous remercie.