Honorable assistance, Mesdames et Messieurs,
J’éprouve naturellement un vrai bonheur et un grand plaisir à inaugurer avec vous aujourd’hui la Télévision Nationale des Comores (TNC).
Cette télévision, nous l’avons longtemps rêvée. Elle a fini par devenir une réalité, parce que qu’elle constituait pour notre pays, une ambition légitime.
9 ans se sont écoulés depuis les échanges de lettres entre les gouvernements chinois et comorien et l’étude de faisabilité de ce bâtiment qui abrite aujourd’hui la Télévision Nationale des Comores.
Cette cérémonie est d’abord un hommage posthume à Feu le Président Mohamed Taki Abdoulkarim qui a été l’initiateur du projet. Paix à son âme.
Pour ma part, j’ai eu l’honneur et le plaisir de poser la première pierre des travaux de construction de ce bâtiment en septembre 1999.
Une année plus tard, nos amis chinois ont remis au Gouvernement Comorien, les clés de ce bâtiment entièrement meublé : c’était en l’an 2000.
Il n’est pas inutile de rappeler que ce bâtiment s’inscrit magnifiquement dans la longue lignée des réalisations chinoises dans notre pays.
En effet, de nombreux ouvrages de grand prestige, ont jalonné l’évolution de la coopération amicale entre la Chine et les Comores.
Ces réalisations ont été marquées d’abord, par la construction du Palais du Peuple, cet édifice prestigieux qui abrite le Parlement national et qui est une source de fierté pour tout le peuple comorien.
La construction des bâtiments administratifs situés en face du Palais du Peuple, la construction des Palais présidentiels de Bonovo à Mohéli, de Patsy à Anjouan et de Daché, dans l’île de Ngazidja, ainsi que le Bâtiment Annexe du Ministère des Relations Extérieures constituent un apport considérable pour le fonctionnement régulier des différentes institutions de l’Union des Comores.
Tous les autres ouvrages construits dans nos îles et remis gracieusement à notre pays, par la République Populaire de Chine représentent tous un encouragement certain des efforts que déploie notre peuple, sur le chemin qu’il a emprunté, en vue de maîtriser sa destinée.
D’autres projets en cours, tels que celui de l’extension de l’Aéroport International Prince Said Ibrahim, et ceux portant sur la construction des résidences présidentielles, à Ngazidja, Anjouan et Mohéli, d’une valeur de plusieurs milliards de nos francs, sont appelés à jouer un rôle déterminant pour la consolidation de la réconciliation nationale et le développement socio-économique de notre pays.
Rappelons, enfin, le soutien important que la République Populaire de Chine apporte à notre pays dans les domaines de la formation de nos cadres civils et militaires, de la fourniture de matériels et équipements importants au profit de nos forces et de diverses administrations comoriennes.
En cette heureuse occasion, je voudrais ainsi exprimer, encore une fois, au nom de la Nation comorienne, toute notre gratitude à la République Populaire de Chine pour les efforts constamment déployés en faveur du développement des Comores, à travers la réalisation de ces nombreux projets, de grande valeur, sur l’ensemble du territoire national
Ainsi donc, la réalisation de la télévision Nationale des Comores est un symbole de plus de la santé de cette coopération exemplaire et privilégiée, qui lie la République Populaire de Chine et l’Union des Comores.
Je voudrais dire à mon ami, l’Ambassadeur de la République Populaire de Chine, ici présent et ; à travers lui, au peuple ami de la Chine, que nous ne faillirons pas à notre devoir d’amitié envers votre pays. Nous appuierons, encore et toujours, votre combat légitime, pour recouvrer l’intégrité de votre territoire et parachever votre unité nationale, par la réintégration de l’Ile de Taiwan, dans son ensemble naturel.
J’adresse un appel solennel à tout dirigeant de ce pays pour que cette ligne puisse rester, une des constantes de la diplomatie comorienne.
La TNC est également le témoignage de l’excellence et du caractère exceptionnel de notre coopération avec deux grands pays amis : la France et l’Arabie Saoudite. .
Les prouesses techniques de ces dernières semaines, déployées par Canal France International symbolisent la force du savoir-faire et le souci de perfection de nos cadres par nos partenaires français.
Je sais que la réputation de CFI n’est plus à démontrer. Tous les Comoriens connaissent et suivent les programmes que cette grande chaîne diffuse depuis de nombreuses années.
Je me félicite encore une fois que nos deux plus grands amis, la France et la Chine, se complètent efficacement dans ce projet et je formule le vœu ardent pour qu’il en soit ainsi à l’avenir dans d’autres domaines.
J’ai un plaisir particulier à saluer le Ministère de l’Information, le Président Directeur Général de l’ORTC et tous leurs collaborateurs. Grâce à vous tous, le pari a été tenu, les faits sont là, le défi a été brillamment relevé !
Mesdames et Messieurs,
La télévision nationale s’inscrit ainsi dans la politique que j’ai défendue et promue de façon constante depuis que j’occupe les hautes fonctions de l’Etat : une politique qui s’est concrétisée par la réalisation de grands chantiers constituant le socle indispensable au développement du pays.
L’Etat s’est efforcé de se donner les moyens de sa politique, avec des financements propres ou externes, compte tenu de la situation particulière dans laquelle se trouvait notre pays.
J’espère que le peu qui a été réalisé servira de base à mon successeur pour lancer, avec succès et réussite, le chantier de la reconstruction nationale.
Mesdames et Messieurs, Honorable Assistance,
La télévision est l’un des moyens les plus redoutables de l’information et de la communication des temps modernes.
En fait la communication est le fondement même de la vie. Il serait très difficile, voire impossible, de mener une quelconque vie sans s’informer ou communiquer. Du point de vue de notre religion, pour nous, qui sommes musulmans, la vie n’a de sens que parce que Dieu a communiqué avec nous par le biais des Messagers et des livres saints.
Et, depuis l’aube des temps, la communication a été ; à la base des relations entre les hommes, voire entre les êtres en général. C’est ainsi que lorsque Moïse fut désigné Messager par Dieu, il demanda au Créateur de lui adjoindre son frère Haroun qu’il estimait plus éloquent que lui et plus communicateur.
Dans le combat quotidien que chaque personne, physique ou moral mène pour sa vie ou sa survie, c’est celui ou celle qui maîtrise la communication qui l’emporte.
De nos jours, nul n’a besoin de démontrer la caractère primordial de la communication. Les outils d’information et de communication sont devenus des enjeux majeurs dans toutes les sociétés.
Dans nos sociétés modernes où la compétitivité est devenue un enjeu de pure survie, il est bien établi qu’il ne s’agit pas seulement de savoir faire mais surtout de réelle capacité de faire savoir ses réalisations et ses prouesses.
Communiquer est donc un besoin essentiel, voire vital entre les communautés et à l’intérieur de chaque société. La question est de savoir quoi et comment communiquer.
Aujourd’hui notre pays, à l’instar des pays du monde dispose de ce moyen très efficace en matière d’information et de communication, celui de la diffusion des sons et des images, la télévision. Napoléon disait : il vaut mieux une petite image qu’un grand discours.
La télévision est devenue une des composantes incontournables du monde moderne. Elle entre dans notre paysage quotidien et influence immanquablement nos loisirs, notre savoir, notre culture et nous informera sur l’actualité, la météo, le sport, la musique et j’en passe. Bref, notre mode de vie est appelé à changer inéluctablement.
Elle nous donne déjà accès à une grande variété de programmes à travers la planète grâce à la multiplication des chaînes numériques spécialisées et diffusées par satellite.
La télévision est sans conteste, un vecteur d’information mais aussi un remarquable outil d’éducation et de formation à tous les niveaux.
Mais elle peut aussi constituer un véritable danger à notre société, si l’on ne prend pas garde avec minutie, à son exploitation.
Il revient alors à notre jeune Etat, comme partout ailleurs, d’en formuler les règles d’emploi en tenant compte de la démocratie et des libertés individuelles ou collectives, pour que ce nouvel outil de communication soit utile et bénéfique à nos concitoyens.
L’argument fallacieux selon lequel « il faut offrir aux gens ce qu’ils demandent » est une mauvaise excuse car rien dans la démocratie ne justifie le fait de présenter des médiocrités pour la seule et unique raison que « c’est ce que les gens attendent ».
Bien au contraire la démocratie doit toujours chercher à élever le niveau d’éducation, de savoir et de civisme car c’est cela son aspiration authentique.
Que faire alors ? La censure est une mauvaise solution. D’ailleurs, je n’y ai jamais crue et je ne l’ai jamais appliquée car elle ne convient pas dans une démocratie, elle intervient toujours trop tard et elle est difficile à systématiser. Il faut envisager d’autres solutions.
Une réglementation très rigoureuse et flexible selon les objectifs à atteindre et les erreurs à éviter, doit être mise en place.
Un contrôle aussi, constant et plus efficace que la censure, doit voir le jour. Il faut faire prendre conscience à tous les acteurs de la télévision nationale, qu’ils assument un rôle d’éducateur, du seul fait que la télévision est regardée par des enfants et des adolescents.
La télévision a acquis aujourd’hui un pouvoir tellement étendu, au sein des démocraties, qu’elle peut potentiellement les mettre en péril, si cette puissance n’est soumise à aucun contrôle.
Car la démocratie consiste justement à soumettre tous les pouvoirs à un contrôle. C’est là sa caractéristique essentielle.
Je recommande alors à toutes les autorités compétentes de notre pays, de veiller à la mise en place rapide du Conseil National de l’Audiovisuel, prévu par la loi, afin que cet organe de régulation, puisse concevoir et proposer, les adaptations nécessaires à un exercice utile et efficace des mission de la Radio et de la Télévision nationales.
Mesdames et Messieurs,
Je saisis cette belle opportunité pour saluer encore une fois la maturité de notre peuple et m’associer à
l’ensemble de la population comorienne pour me réjouir avec elle, du bon déroulement du scrutin du 16 avril dernier.
Depuis le lancement de la campagne pour l’élection primaire à Anjouan, le peuple comorien a montré toute sa profonde lucidité et sa grande sagesse. Je reste convaincu, qu’il saura apprécier les enjeux à leur juste valeur et porter son choix, dans la liberté, la démocratie et la transparence sur la personne qui incarne le mieux, les aspirations et les intérêts supérieurs de la Nation Comorienne.
Je remercie l’ensemble de la classe politique comorienne, les autorités et les structures nationales et insulaires pour les efforts fournis en vue d’arriver à ce résultat.
J’adresse également mon vif remerciement à l’ensemble de la communauté internationale et notamment l’Union Africaine et la République d’ Afrique du Sud pour les moyens de tous ordres, déployés à cet effet.
J’ose espérer, que l’on saura tirer les leçons du dernier scrutin, pour que le prochain soit à la hauteur des attentes du peuple comorien et de ses amis de la communauté internationale.
Comme je l’ai déjà fait, je réitère mes encouragements aux trois challengers de cette deuxième phase.
Je prie pour que Dieu guide les Comoriennes et les Comoriens, à porter leur choix sur le candidat, à même d’apporter, les solutions appropriées aux divers problèmes qu’ils affrontent au quotidien.
Mes Chers Compatriotes,
A ce stade, nous ne pouvons que nous féliciter du bon déroulement de la campagne électorale sur l’ensemble du territoire, dans un climat serein, détendu et apaisé. Je souhaite que cela perdure.
Mais je voudrais, avec votre permission, faire une petite mise au point. Je ne suis candidat à rien et tout le monde le sait. J’aurai pu créer cette situation mais je ne l’ai pas fait pour l’intérêt et la cohésion de la Nation.
Pourtant, à ma grande surprise, beaucoup ne semblent pas l’apprécier. Certains auraient sans doute voulu qu’il en soit autrement pour qu’ils puissent fourbir leurs armes contre le Président de l’Union devenu une cible de choix.
Eh bien, je leur rappelle que ces élections ne me concernent qu’en tant que garant des institutions de notre République ou de simple citoyen qui s’acquittera de son devoir civique, comme tout le monde, le 14 mai prochain.
Aussi, feraient-ils mieux, de proposer des projets de société aux Comoriens et tout faire pour les convaincre de s’y rallier.
Je rappelle, que cette période de campagne est conçue pour être, pour chaque comorien, une véritable école d’appréciation de la valeur que nous donnons aux intérêts nationaux. Elle est un espace idéal pour échanger nos idées sur nos institutions, les projets de société et les programmes de gouvernance des candidats.
Qu’il y ait des gens qui voudraient concentrer le débat sur ma personne, c’est leur droit le plus absolu, mais encore une fois, ils se trompent nettement de cible.
Ceux qui trouvent en moi, un seul acquis et qui le disent et le défendent, je les en remercie sincèrement. Si d’autres trouvent que l’état où j’ai trouvé ce pays en 1999 reste inchangé, qu’ils le disent haut et fort.
Que d’autres encore, après avoir été à mes cotés quatre ans durant, voire même sept ans, saisis soudain d’un sursaut révélateur, s’acharnent aujourd’hui sur notre bilan commun, c’est tout à leur honneur. Je salue en eux tant de courage et je leur dis bravo. En tous les cas, les Comoriens apprécieront.
Pour ma part, j’ai essayé de remplir dans des conditions très difficiles, les devoirs de ma charge et, aujourd’hui, il ne me reste qu’à peine un mois.
Alors que chacun s’efforce d’assumer ses responsabilités, selon ses ambitions.
Qu’ils y pensent dès maintenant et qu’ils sachent que le vrai enjeu de cette bataille c’est le devenir meilleur des Comores, dans l’unité nationale, la cohésion sociale, la paix, la sécurité la démocratie, l’Etat de droit et la bonne gouvernance, dans un contexte de mondialisation qui ne nous autorise aucune fantaisie.
Mesdames, Messieurs,
La télévision Nationale des Comores que nous inaugurons aujourd’hui prend place parmi les grandes réalisations du Gouvernement.
Elle incarne avec éclat l’élan nouveau de la coopération avec des Nations chères à tous les Comoriens : la Chine et la France et le Royaume d’Arabie Saoudite.
Elle traduit le dynamisme de cette coopération et symbolise, la coopération mise au service d’une grande amitié.
Les Comoriennes et les comorien peuvent être fiers, à juste titre, de cette réalisation qui parle pour leur pays, l’Union des Comores.
Un pays qui peut, malgré tout, avancer, capable de concevoir des projets ambitieux et de les réaliser, un pays qui se fait respecter et capable de se faire entendre sur la scène internationale.
C’est tout cela que doit représenter la télévision nationale, le miroir de notre unité nationale, de notre culture et de nos traditions. Il doit traduire notre ambition pour les Comores.
Notre pays doit se moderniser. Nous avons montré qu’il peut entreprendre et réussir. Nous devons montrer qu’il est résolument tourné vers l’avenir.
Vive la coopération internationale !
Je vous remercie !