Khartoum, Soudan
23-24 Janvier 2006.
Monsieur Le Président,
Messieurs les Chefs d’Etats
Messieurs les Chefs de délégation,
Mesdames et |Messieurs,
L’Union des Comores est heureuse de se retrouver en République du Soudan, ce pays qui puise dans la réconciliation et l’unité de son peuple, les forces nécessaires pour consolider son avenir.
Je félicite le Président Hassan Omar Ahmed Al Bachir et je remercie toutes les autorités et le peuple Soudanais, pour l’accueil et l’hospitalité qu’ils ont réservés à toutes les délégations et pour la bonne organisation de notre conférence.
Nous saurons nous inspirer de la sagesse et du dynamisme du peuple soudanais, pour enrichir nos débats et parvenir à des résultats pertinents et utiles pour notre continent.
Je félicite Monsieur le Président Obassandjo, pour les efforts inlassables qu’il déploie et les sacrifices qu’il consent pour se consacrer à l’Union Africaine.
Je félicite le Président de la Commission, Alpha Omar Konaré, pour les fonctions qu’il assume et je voudrais lui assurer de la disponibilité de ma délégation, pour réussir ensemble nos travaux.
Je salue le travail remarquable accompli par la Commission de paix et de Sécurité et au talent du Commissaire Said Djinnit.
J’adresse mes chaleureuses félicitations au Président Sassou Nguesso pour son élection. Nous lui faisons confiance quant à sa grande expérience, pour mener à bien, sa mission a la tête de l’Union Africaine
Enfin, je rends hommage aux pères de l’Afrique pour ce qu’ils nous ont légué et je voudrais associer à cet hommage, leurs successeurs, Thabo Mbeki, Muammar el Kaddafi, Omar Bongo, Mohamed Hosni Moubarak, Abdillah Wad, Abdelaziz Bouteflika à qui je souhaite un prompt rétablissement.
Tous, avec les autres chefs d’Etats et de Gouvernement, issus d’une nouvelle génération, oeuvrent aujourd’hui pour le rayonnement de notre continent et pour le bonheur de ses peuples.
Monsieur le Président,
Notre continent est confronté à diverses difficultés dont la résolution conditionne la stabilité de chacun de nos pays.
Le choix des thèmes de l’Education et de la culture a été judicieux car cette conférence doit s’imprégner du passé et s’enrichir du présent pour bâtir l’avenir.
Dans sa quête de paix, de sécurité et de développement, notre continent doit en effet mettre l’éducation et la culture au coeur de son action.
Il faut alors interroger notre identité pour puiser en elle, la force de la conception, le sillon d’une meilleure vision.
Education, pour apprendre et comprendre, culture pour nous réconcilier avec nous même et s’enrichir de la différence de l’autre, dans la générosité et la tolérance.
Parce qu’elles signifient, savoir, échange, connaissance, apprentissage et emploi, l’Education et la culture sont une condition sans laquelle le décollage économique de nos pays reste incertain.
Comme _expression de nos origines et de nos spécificités, la culture forge notre identité. Elle constitue aussi la base d’un développement durable et harmonieux. Observée sous cet angle, la culture ne peut ni se vendre ni s’importer comme une marchandise à consommer.
Le monde tel qu’il est, avec ses mutations et ses contradictions, sa complexité et sa violence, exige de l’homme pour sa survie, qu’il s’arme d’éducation et de culture.
L’Afrique doit être fière et jalouse de sa culture. Nous devons croire en elle, en ses capacités, en son intelligence, en son génie, mais aussi en son devoir de se muer pour suivre la marche du monde, sans se renier.
Aussi, dans la solidarité et la complémentarité, nous saurons mettre le savoir au service des ambitions africaines.
Mais nous saurons aussi enrichir le dialogue et la concertation qui sont des valeurs fondamentales de notre continent, pour rechercher toujours, le chemin de la paix, la voie de la réconciliation des coeurs et des esprits.
Je me réjouis, de la stabilité qui se constate dans des pays hier en conflit et des efforts véritables, engagés pour s’élever au-dessus des querelles et de se donner la main pour le bien de tous.
Nous sommes condamnés à rechercher la paix et la sécurité. Nous devons gagner la bataille du développement.
Ainsi, nous félicitons le Président Al Bachir, le gouvernement et le peuple soudanais pour l’accord de paix global qui a scellée la réconciliation et l’unité de son peuple.
Nous faisons confiance quant à la volonté et aux capacités du gouvernement d’union nationale, à apporter des solutions aux problèmes du Darfour et aux problèmes subséquents.
Nous saluons les efforts faits dans ce sens et soulignées par le Président de la Commission dans son rapport à la conférence.
Nous exprimons la sympathie du Peuple Comorien au peuple ivoirien et nous émettons les vœux de voir le processus engagé en Cote d’ivoire aller à son terme et aboutir à la paix dans ce pays frère.
Quant à mon pays l’Union des Comores, qui a connu des moments dramatiques il y a seulement quelques années, il a su se ressaisir et rechercher au fond de lui-même, la force de son unité.
Il a bénéficié de l’appui et de l’accompagnement de pays et d’organisation amis et je manquerais certainement à un devoir, si devant cette auguste assemblée, je ne renouvelais pas mes profonds remerciement à notre organisation, sous la supervision de laquelle s’est tenue le 8 décembre 2005, en République de Maurice, la Conférence des bailleurs de fonds en faveur de l’Union des Comores.
Cette importante assise a permis à mon pays l’Union des Comores, d’enregistrer une forte mobilisation de la Communauté internationale, de la Communauté des Donateurs, des pays et des Organisations amis des Comores, autour de notre stratégie de réduction de la pauvreté de notre plan d’action 2006-2009 pour le développement.
Vous me permettrez alors de réitérer, au nom du peuple et du Gouvernement comoriens, notre reconnaissance et notre gratitude, pour l’élan de solidarité internationale qui, à cette occasion, s’est exprimé en faveur de notre pays.
Je voudrais ainsi, adresser encore une fois, nos sincères remerciements à tous les pays et à toutes les organisations qui nous ont fait l’honneur de participer aux travaux de cette Conférence, en réservant une mention toute particulière pour la République d’Afrique du Sud, la République de Maurice, et la République française pour leur appui constant et leur engagement moral, technique et financier en faveur du progrès et de la prospérité des Comores.
Je suis heureux de l’appréciation que fait de la situation dans mon pays, le Président de la Commission dans son rapport à la conférence.
Les Comores sont debout en effet, et conformément à la constitution, nous organisons aux mois d’avril et mai prochains, des élections présidentielles qui assureront une alternance que nous voulons apaisée et exemplaire.
Tous les organes appropriés sont au travail, pour garantir un scrutin sincère et transparent.
Nous avons fait appel à la communauté internationale pour sécuriser ces élections et apporter l’appui requis.
Mon Gouvernement a assumé la part qui est la sienne, pour faire de ces élections, un moment historique. L’appui nécessaire attendu garantira sa réussite.
Les institutions comoriennes, au-delà de leur complexité reconnue de tous, fonctionnent. L’Etat se consolide chaque jour davantage. Il reste, comme dans toutes nouvelles institutions, négociées et élaborées par des forces diverses et ayant garanti une large autonomie aux entités insulaires qui les composent, des interprétations souvent différentes, voire même contradictoires, que nous gérons avec sérénité et rigueur.
Certaine difficultés de gestions constatées, et qui sont, sommes toutes normales, trouveront leurs solutions dans la durée et fur et à mesure.
Ceux qui l’ont expérimentée le disent et l’Histoire nous l’apprend : le chemin de la décentralisation est long et difficile. Il faut en effet du temps et un travail de longue haleine pour y parvenir et préserver les intérêts de la population.
Ainsi, mon pays, même si l’essentiel est gagné, reste encore fragile.
J’invite l’Union Africaine et la communauté internationale, les pays et les organisations amis, à redoubler d’effort, pour s’assurer de l’ancrage définitif des Comores dans l’espoir et dans l’espoir et l’amélioration du quotidien de tout un chacun.
Merci encore à tous ceux qui, à travers leurs contributions à la conférence de Maurice, ont tenu à partager avec nous, notre foi en la capacité du peuple comorien, à bâtir un pays prospère, dans la paix, la démocratie, l’Etat de droit et la bonne gouvernance.
Je vous remercie.