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Allocution du Chef de l’Etat à l’occasion du lancement du Rapport National d’Evaluation des OMD

Allocution de Son Excellence Monsieur AZALI Assoumani, Président de l’Union des Comores, à l’occasion du lancement du Rapport National d’Evaluation des OMD -

Anjouan - le jeudi 19 janvier 2006

Honorable Assistance,

Je voudrais avant tout, remercier Le Ministère du Plan, le Programme des Nations Unies pour le Développement ainsi que toutes les autorités de l’île autonome d’Anjouan et tous les organisateurs de cette cérémonie pour m’avoir offert l’opportunité, en m’invitant à cet évènement d’importance nationale, de renouer avec l’accueil chaleureux qui m’a toujours été accordé à l’occasion de mes séjours dans cette île connue pour son hospitalité légendaire.

Je souhaiterais également saisir cette heureuse circonstance, pour renouveler à tous les Comoriens, aux Anjouanais et aux Anjouanaises en particulier, mes voeux de santé pour chacun d’entre eux, de bonheur pour eux-mêmes et leurs familles et de prospérité pour tous, à l’occasion du nouvel an 2006.

C’est avec grand plaisir, que je suis venu procéder, avec vous aujourd’hui, Mesdames et Messieurs, au lancement du rapport national d’évaluation des progrès réalisés par notre pays, dans le cadre de la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire.

Il me plaît aussi de rappeler que le rapport national que nous lançons aujourd’hui, a été élaboré d’une manière participative.

En effet, tout au long du processus de son élaboration, les responsables sectoriels de notre pays, tant au niveau national qu’au niveau des îles, ont toujours répondu présents, aux côtés de nos partenaires qui ont bien voulu nous faire bénéficier de leur riche expertise, et notamment le Programme des Nations Unies pour le Développement.

J’adresse en votre nom, nos sincères remerciements à la représentante du Système des Nations Unies et à travers elle, au Programme des Nations Unies pour le Développement, pour son apport décisif dans la réalisation de ce rapport, à travers son appui technique, financier et logistique.

Je tiens à féliciter également, tous les cadres nationaux qui ont contribué à l’élaboration de ce rapport, pour la qualité et la pertinence de leurs analyses, la clarté et la précision de leurs observations et pour les recommandations judicieuses formulées, afin de permettre à notre pays de suivre, avec le dynamisme et l’efficacité souhaités, la marche des pays membres du Concert des Nations vers la concrétisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement.

Ce rapport qui est le deuxième du genre élaboré par notre pays, s’inscrit dans le cadre de suivi du Sommet du Millénaire qui, en Septembre 2000 à New York, a réuni les plus hauts dirigeants du monde entier, dans le cadre d’une réflexion sur les voies et moyens de sécuriser la marche des peuples vers un avenir commun, dans le progrès et la prospérité.

Ainsi toutes les nations du monde ont pris un engagement ferme, dans le sens de l’éradication de la pauvreté, identifiée comme l’une des sources des maux qui rongent le monde aujourd’hui.

Elles se sont engagées à accroître les efforts en faveur de la paix et de la sécurité internationales, à promouvoir les droits de l’homme, les principes démocratiques et la bonne gouvernance et à favoriser l’émergence d’un environnement viable partout dans le monde, dans le respect de la dignité humaine, de l’égalité des genres et de la justice sociale.

Au terme de ces assises planétaires, les participants dont les Comores, ont arrêté un ensemble d’objectifs généraux et spécifiques à atteindre d’ici 2015.

Ces objectifs, regroupés sous le vocable d’Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) sont, comme nous avons eu maintes fois l’occasion de le souligner, absolument uniques et sans précédent, de par leur ambition, leur caractère concret et le champ qu’ils englobent.

Ils sont uniques, dans la mesure où, pour la première fois, le monde entier a reconnu explicitement que l’élimination de la pauvreté exige un renforcement des partenariats entre les différents acteurs du développement, une action plus résolue des pays riches ainsi que l’expansion du commerce, l’allègement de la dette, le transfert des technologies et l’augmentation de l’aide.

Dans ce contexte, le développement des pays, resté jusque là un engagement essentiellement national, va connaître une évolution sensible, dans la mesure où le développement de chaque pays intéresse désormais toute la collectivité internationale.

C’est à ce titre également, que la réduction, de moitié, de la pauvreté d’ici 2015 devient un objectif mondial. Je rappelle à cet effet, qu’il a été défini 8 objectifs principaux et 18 cibles chiffrés à atteindre, dans un délai de 25 ans et 48 indicateurs de suivi des progrès réalisés.

Honorable Assistance

Il m’est agréable de constater que le bilan présenté dans ce rapport, cinq ans après la Déclaration du Millénaire, est très encourageant.

En effet, malgré toutes les difficultés internes, conjuguées à la baisse tendancielle de l’Aide Publique au Développement, nous avons pu ensemble, avec le concours précieux de nos partenaires, accomplir des efforts qui nous permettent de dire que l’Union des Comores se trouve aujourd’hui sur la bonne voie, vers la réalisation des Objectifs du Millénaire.

L’expression utilisée dans un passage de ce rapport national approuvé par nos partenaires, résume bien mon propos. Je cite : « l’Union des Comores a enregistré d’importantes avancées vers la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement, notamment en matière de réduction de la mortalité infantile, d’accès à l’eau potable et de réduction de la pauvreté ».

Un autre passage de ce rapport mérité également notre attention. Je cite : « dans la mesure où ces progrès ont été réalisés dans un contexte particulièrement difficile, marqué par toute une série de facteurs défavorables, notamment la fragilité politique et institutionnelle et la baisse tendancielle de l’aide au développement, il est permis de penser que l’ambition d’atteindre les cibles du millénaire n’est pas une utopie, et ce d’autant plus qu’aujourd’hui , le pays vit une ère nouvelle de stabilité et que la relance de la coopération avec ses principaux partenaires au développement, se présente sous de meilleurs auspices », fin de citation.

J’ai noté que sur les treize cibles analysées, repartis sur les huit objectifs du millénaire, l’Union des Comores est sur la bonne voie. Pour les dix cibles, trois cibles ont même dépassé la moyenne requise : l’Education primaire pour tous, l’égalité entre les sexes dans le primaire et la santé maternelle.

J’ai également avec une attention toute particulière, les trois cibles dont le Pays a de sérieuses difficultés à atteindre d’ici 2015 : la réduction de moitié de la proportion de la population qui souffre de la faim, la dégradation de l’environnement avec surtout la déforestation, et la progression du paludisme.

C’est pourquoi, une toute l’attention requise, doit être accordé à ces domaines, pour combler ces lacunes et c’est en ce sens que le Gouvernement a intégré la prise en compte de ce souci dans son Plan d’Action 2006-2009, afin d’inverser la tendance actuelle.

Ainsi, comme le souligne si bien le rapport, les progrès réalisés durant ces cinq dernières années, l’ont été surtout grâce à des efforts propres.

En effet, la structure de notre économie marquée par une faiblesse des ressources internes, rend notre pays, principalement dépendant des ressources provenant de l’extérieur, ce qui place les Comores dans une position de dépendance persistante vis-à-vis de l’extérieur.

Aussi, cette période d’évaluation a coïncidé avec une situation où notre pays a enregistré une baisse sans précédant de l’Aide publique au développement.

Rappelons que l’aide publique au développement, qui avait jusqu’ici financé nos investissements publics, pour plus de 90%, ne représentait plus que 60% de ce financement, durant ces cinq dernières années.

Cette baisse qui, selon les données en notre possession est beaucoup plus marquée aux Comores que partout ailleurs, a contribué significativement à la contraction de l’activité économique du pays.

Aussi convient-il de saluer les efforts réalisés par le Gouvernement comorien à travers les financements propres, d’une part, et d’autre part, à travers le remboursement de sa dette extérieure.

Mesdames et Messieurs,

Certes, les conclusions de ce rapport sont, comme nous venons de le voir, très encourageantes.

Mais sachons que beaucoup reste encore à faire et qu’il nous faut redoubler d’efforts et d’engagement, dans une vigilance accrue.

En effet, c’est seulement en mobilisant toutes nos énergies et en nous engageant tous, et sans exception, dans cette bataille contre la pauvreté, que nous permettront à l’Union des Comores de réussir le pari de 2015.

Cela est d’autant plus possible, que notre pays ne manque pas d’atouts, et surtout, en tenant compte du soutien que nous apporte aujourd’hui le monde, notamment à travers les financements que l’Union des Comores vient d’obtenir à la Conférence de Maurice.

Le pari de 2015 est certes un enjeu de taille. Mais si nous agissons avec lucidité, dynamisme et engagement, en plaçant au-dessus de tout, les intérêts supérieurs de notre Nation, nous pouvons, j’en suis convaincu, réussir ce pari, et conduire en même temps notre pays vers le progrès.

En effet, le gouvernement comorien a pris l’initiative, depuis 2002, de doter le pays d’une Stratégie de Développement et de faire de la lutte contre la pauvreté la base de cette stratégie.

C’est ainsi qu’il a initié le processus de son engagement à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement dont il a fait le socle de sa stratégie.

Pour la mise en œuvre de cette stratégie, l’Union des Comores s’est doté d’un plan d’action 2006-2009 qui est avant tout un engagement de notre pays vis-à-vis de sa population.

Mais ce plan d’action est également un engagement de nos partenaires au développement vis-à-vis de notre pays, notamment parce qu’il permet à toutes nos actions futures en faveur du développement, de correspondre aux programmes prioritaires identifiés d’un commun accord.

Je reste d’autant plus optimiste que les financements obtenus à travers la Conférence des bailleurs de fonds de Maurice, sont une chance réelle qui nous est offerte, pour nous permettre de nous atteler résolument à la réalisation des Objectifs du Millénaire et faire de notre pays, un pays stable, véritablement engagé sur la voie du progrès et de la prospérité.

En effet, la tenue et la réussite de la Conférence des bailleurs de fonds en faveur de l’Union des Comores, marque le début d’une ère nouvelle pour notre pays.

Cette importante Conférence a permis, de mobiliser les ressources nécessaires au financement de notre stratégie de développement, et donné au Peuple comorien, l’occasion mesurer le crédit et la confiance dont il bénéficie auprès de nos partenaires.

C’est pourquoi, nous ne manquerons jamais une occasion, pour saluer l’élan de solidarité internationale qui, à cette occasion, s’est exprimé en faveur de notre pays.

C’est ainsi que nous renouvelons notre reconnaissance et notre gratitude, à l’endroit de tous les pays amis et de toutes les organisations qui ont pris part à cette conférence.

C’est aussi l’occasion, pour renouveler notre gratitude, à l’endroit des peuples et des gouvernements frères de la République d’Afrique du Sud et la République de Maurice, dont l’engagement et en faveur du progrès et de la prospérité des Comores, s’est une nouvelle manifesté avec éclat.

Nous ne dirons jamais assez nos sincères remercierons à la République Française, dont l’apport considérable, représente à elle seule, 40% du montant des annonces faites à Maurice.

Je renouvelle enfin, mes chaleureuses félicitations à tout le peuple comorien, toutes catégories confondues, et plus particulièrement aux experts et techniciens nationaux, de l’Union comme des îles, du secteur privé comme du secteur public, pour la façon dont ils se sont attelé à tache pour la réussite de la Table Ronde de Maurice, notamment en élaborant des documents techniques qui ont forcé l’estime et le respect de toute la communauté internationale.

Je réitère enfin mon appel à toutes les forces vives comoriennes, pour qu’elles se mobilisent, davantage encore, en vue de la mise en œuvre effective de ce plan d’action, afin qu’ensemble nous bâtissions un pays où les générations présentes et futures s’épanouiront totalement et se sentiront fiers de leur pays.

Mes chers compatriotes,

Les efforts que nous avons déployé jusqu’ici et qui ont été reconnus par nos partenaire au développement, pourraient cependant être annihilés, si nous ne parvenons pas à réussir l’étape décisive à venir des prochaines élections présidentielles, d’avril et mai 2006.

Pour ce qui me concerne, ces élections auront bel et bien lieu, insha-Allah, dans la paix, la sécurité et la transparence, pour que le peuple souverain puisse choisir librement, celle ou celui à qui, il voudra confier la destinée de notre pays pour les quatre prochaines années.

J’invite alors très respectueusement, toutes les autorités de ce pays, de l’Union et des Îles Autonomes, à prendre chacune en ce qui la concerne, toutes les mesures allant dans ce sens et susceptibles de favoriser le déroulement d’un scrutin juste et équitable, car il y va de l’intérêt de notre pays.

A ceux qui par peur de se confronter au choix du peuple, et qui continuent à déverser les propos inconvenants et orduriers, je leur dirai tout simplement de cesser et de rentrer dans le rang, car les élections se dérouleront dans les délais impartis.

Mes chers frères d’Anjouan,

Je voudrais, avec votre permission, saisir cette occasion, pour me livrer avec mes frères comoriens d’Anjouan, à titre de rappel, à une introspection et à un examen approfondi de l’histoire des Comores de ces quatre dernières décennies, afin d’éclairer le présent.

Rappelez-vous, qu’en 1972, la Chambre des Députés des Comores, dont une forte majorité était composé de grands-comoriens, ont déposé par une motion de censure, le Prince Said Ibrahim, natif de Grande-Comore, pour investir à sa place le Président Ahmed Abdallah Abdérémane, natif de l’Ile d’Anjouan.

Les Grands-Comoriens ont franchement soutenu celui qu’ils appelaient affectueusement Mdjomba, jusqu’à la proclamation de l’indépendance.

Ils ont également, fortement favorisé son retour, un jour de mai 1978, pour remplacer le Président Ali Soilih, lui aussi natif de la Grande-Comore et, une fois encore, ils ont soutenu sans réserve le Président Abdallah, jusqu’à son assassinat en 1989 malheureusement, par les mercenaires qu’il avait lui-même choisi pour assurer sa sécurité.

Ces rappels, n’ont d’autre objectif que de montrer que les Grands-Comoriens, pas plus que les Mohéliens, n’ont aucun problème avec leurs frères Anjouanais.

Mon Cher Président Bacar, Anjouan n’est pas une brebis galeuse. Anjouan doit être fière car elle a donné naissance au père de l’indépendance nationale. Anjouan doit être fière car elle a offert au pays, l’Hymne national. Nous devons seulement l’aider à retrouver ses esprits.

Mais je pense, qu’il sera toujours demandé avec raison, surtout aux frères d’Anjouan, une seule chose dont le Président Ahmed Abdallah Abdérémane s’est toujours acquittée durant toute sa vie : le strict respect de l’unité de notre pays et son application effective sur l’ensemble du territoire national.

Je me permets d’insister, d’autant plus qu’après l’acte éhonté, ridicule et irresponsable, commis sur un territoire étranger où se réunit toute l’Afrique, par des personnes ayant occupé de hautes responsabilités de l’Etat et parmi lesquelles un candidat à la magistrature suprême, d’aucuns ont de sérieuses raisons de s’inquiéter.

Non, ce n’est pas de cette manière que nous défendrons l’image de notre pays. Ce n’est pas de cette façon que notre pays forcera le respect de ses partenaires. Cette façon de faire est au contraire, de nature à saper tout le crédit que notre pays a acquis ces dernières années sur la scène internationale.

En tout état de cause, je pense que le temps des mascarades et des futilités, est révolus.

C’est avec nos frère Anjouanais que nous avons réussi à réunifier ce pays où aujourd’hui, chacune des îles qui la composent, trouve convenablement sa place, dans toutes les institutions.

Il est grand temps de rappeler, que si d’aucuns peuvent revendiquer légitimement des droits, ils doivent également et simultanément, s’acquitter fidèlement de leurs devoirs.

Nous devons rappeler aux uns et aux autres, que nul n’est au-dessus des lois de la République qui doivent s’appliquer, en toute équité, et sur toute l’étendue du territoire national, à tous ceux qui se donnent la liberté de les transgresser.

Je rappelle que l’unité d’un pays n’est pas seulement géographique. Elle est également politique, économique et juridique.

Mes chers frères, dans trois mois, l’Ile d’Anjouan nous proposera, à l’issue des élections primaires, trois candidats au sein desquels, les Comoriens choisiront le prochain Chef de l’Etat qui sera chargé de l’application stricte des lois de la République.

Plus que jamais, nous devons alors nous montrer responsables et nous comporter comme tels, car nos enfants, l’Histoire et Dieu, nous jugeront.

Mesdames et messieurs, Honorable Assistance,

Pour conclure, permettez-moi de saisir à nouveau cette heureuse opportunité pour renouveler, au nom du peuple et du Gouvernement comoriens, et en mon nom personnel, notre profonde reconnaissance à l’endroit de tous nos partenaires au développement, qui ne manquent pas une seule occasion pour redire leur disponibilité à nous accompagner sur le chemin de notre développement, pour qu’avec eux, nous fassions des Comores, une havre de paix, de progrès et de prospérité.

Vive l’Union des Comores !

Vive la solidarité internationale !

Je vous remercie


 
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