
Question : Monsieur LAMAMRA, vous avez été reçu par le Chef de l’Etat, le Président Ahmed Abdallah Mohamed SAMBI. Sur quoi ont porté vos discussions ?
M. LAMAMRA : Nous avons procédé à un large tour d’horizon sur toutes les questions d’intérêt commun ; Vous ne serez pas surpris, évidemment, que la situation actuelle dans l’Union des Comores et ses perspectives d’évolution aient été au centre de nos échanges. Vous savez, j’étais reçu entre le 8 et le 10 avril dernier. C’était dans le cadre de ce que nous considérons comme étant un exercice de diplomatie préventive par rapport à tous les échos que nous recevions et aux visites qui nous avaient été rendues à Addis-Abeba.
Je suis revenu aujourd’hui après beaucoup de développement : toute l’action qui a été menée sur place par les ambassadeurs MADEIRA et Mourad TAHIATI au nom de l’Union Africaine avec le soutien de la Communauté internationale, toutes les démarches internes, l’Arrêt de la Cour Constitutionnelle qui est un référent absolument fondamental de la situation. Et donc aujourd’hui, le paysage politique et institutionnel a gagné en clarté et je l’espère aussi en sérénité. Je suis persuadé qu’il ne tient qu’à un peu plus de bonne volonté des acteurs pour que les difficultés soient derrière nous.
Il ya eu le dialogue institutionnel qui comme vous le savez n’a pas produit tous les effets positifs que nous en escomptions mais vous vous souvenez que c’était un résultat de ma première visite. Je vous l’avais annoncé ici même le 10 avril, au moment de quitter Moroni. Il ya des vertus civilisationnelles dans le dialogue. Le dialogue est une bonne chose en soit. Le dialogue doit naturellement être respectueux des institutions, de la Constitution, de tous les textes référentiels dans le pays.
Question : Il semble qu’il y a blocage
M. LAMAMRA : Disons que le dialogue n’a pas abouti aussi vite que nous le souhaitions. Mais cela ne signifie pas que c’est le dialogue qui serait responsable du fait que nous n’avons pas encore enregistré les progrès que nous souhaitons. Le dialogue est une vertu et doit être suivi d’une manière ou d’une autre. Mais le dialogue signifie aussi que chacun doit prendre à cœur de contribuer au succès. S’installer confortablement dans une position préétablie et s’attendre à ce que tous les autres acteurs évoluent, ce n’est pas l’attitude la mieux indiquée pour promouvoir les intérêts supérieurs du pays, de la démocratie, surtout que les textes sont clairs, à commencer par l’arrêt de la Cour Constitutionnelle.
Question : D’après le programme établi, vous allez encore discuter avec les exécutifs des îles à l’issue des entretiens, est-ce qu’il y a nécessité de ramener toutes les parties à la table de négociations ?
M. LAMAMRA : Nous sommes à la disposition des parties comoriennes et je pense qu’on gagne du temps effectivement à les ramener autour d’une table. Quand il y a de la suspicion, quand il y a manque de confiance, il est bon que les acteurs, les protagonistes, se regardent les yeux dans les yeux et, animés du souci de l’intérêt supérieur du pays, fassent les uns envers les autres les pas qui sont nécessaires.
Nous sommes là pour faciliter bien sûr, mais aussi pour rappeler que nous sommes nous aussi en tant qu’Union Africaine, défenseurs d’un certain nombre de valeurs référentielles absolument indiscutables : l’unité, l’indépendance politique, l’intégrité territoriale mais aussi la souveraineté, l’indépendance du pays sont pour nous essentiels. Nous les défendons aux Comores comme ailleurs à travers le continent africain. La démocratie aussi, c’est indispensable.
Ce n’est par ce qu’il y a des difficultés dans le processus d’approfondissement de la démocratie qu’il faut conclure que ce n’est pas la bonne voie. Au contraire c’est la bonne voie et il faut aller de l’avant pour pouvoir régler les difficultés, pour permettre à ce pays de franchir une nouvelle étape dans la vie démocratique.